Пушкин и его современники | страница 69
Агент Локателли доносил фон Фоку в записке без числа[153], но около того же времени:
«On assure, que l’Empereur a daigné pardonner au célèbre Пушкин les torts dont ce jeune homme s’est rendu fautif sous le règne de son Bienfaiteur, feu l’Empereur Alexandre. — On dit que Sa Majesté l’a fait venir à Moscou et lui a accordé une audience particulière de plus de 2 heures, qui avait pour but de lui donner des conseils et démonstrations paternels. — On se réjouit sincèrement de la généreuse condescendance de l’Empereur qui aura sans doute les plus heureux résultats pour la littérature Russe. On sait que le coeur de Пушкин est bon, — il n’a besoin que d’être guidé; alors la Russie devra se glorifier et s’attendre à de plus belles productions de son génie»[154].
Другим, кроме сыска, орудием в руках фон Фока была издавна излюбленная тайной полицией перлюстрация частной корреспонденции; в собрании выписок из писем 1826 г. (Секретный архив, № 842) имеются две, за № 17 и 18, помещённые в обложку с надписью, сделанной фон Фоком: «Включаемые у сего выписки ничего замечательного не представляют. Сергей Львович Пушкин жалуется на сына своего Александра, известного стихотворца». Вот эти выписки:
№ 17. Выписка из письма Сергея Пушкина из С.-Петербурга от 17 октября 1826 года к Василию Львовичу Пушкину в Москву[155]
Non, mon bon ami, ne croyez pas qu’Александр Сергеевич sente jamais ses torts envers moi. S’il a pu au moment de son bonheur et lorsqu’il ne pouvait pas ignorer que j’ai fait des démarches pour obtenir sa grâce, me renier et me calomnier, — comment supposer qu’il revienne un jour? N’oubliez pas que depuis deux ans il nourrit cette haine que ni mon silence, ni mes procédés pour adoucir son exil n’ont pu diminuer. Il est très persuadé que c’est moi qui dois lui demander pardon, mais il ajoute que si je m’avisais de le faire, il sauterait plutôt par la fenêtre que de me l’accorder. Quant à moi, mon bon ami, je n’ai pas besoin de lui pardonner, puisque je ne demande à Dieu que la grâce de m’affermir dans ma résolution de ne pas me venger. — Je n’ai pas encore pour un seul instant discontinué de faire des voeux pour son bonheur et, comme l’ordonne l’Evangile d’aujourd’hui, j’aime en lui mon ennemi et je lui pardonne si ce n’est en père, puisqu’il me renie, — c’est en chrétien; mais je ne veux pas pu’il le sache: il l’attribuerait à ma faiblesse ou à l’hypocrisie, et ces principes d’oubli des injures que nous devons à la religion lui sont tout à fait étrangères